
Il meurt lentement
Il meurt lentement
Celui qui devient esclave de l'habitude
Refaisant tous les jours les mêmes chemins,
Celui qui ne change jamais de repères,
Ne se risque jamais à porter une nouvelle couleur ,
Ou qui ne parle jamais à un inconnu
Il meurt lentement
Celui qui fait de la télévision son guide
Il meurt lentement
Celui qui évite la passion
Celui qui préfère le noir au blanc
Les points sur les "i" à un tourbillon d'émotions
Celles qui redonnent la lumière dans les yeux
Et réparent les coeurs blessés
Il meurt lentement
Celui qui ne change pas de cap
Lorsqu'il est malheureux au travail ou en amour ,
Celui qui ne prends pas de risques
Pour réaliser ses rêves
Celui qui , pas une seule fois dans sa vie,
N'a fuit les conseils sensés
Il meurt lentement
Celui qui ne voyage pas
Celui qui ne lit pas
Celui qui n'écoute pas de musique
Celui qui ne sait pas trouver grâce à ses yeux
Il meurt lentement
Celui qui détruit son amour propre
Celui qui ne se laisse jamais aider
Il meurt lentement
Celui qui passe ses jours
A se plaindre de sa mauvaise fortune ou de la pluie incessante
Il évite la mort
Celui qui qui se rappelle qu'être vivant
Requiert un effort bien plus important
Que le simple fait de respirer.
Pablo Neruda , Prix Nobel de littérature 1971









